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Per la lenga

Aujourd’hui je vais à Toulouse per manifestar per l’occitan.
Je vais manifester pour l’occitan et, d’une manière générale, pour défendre les langues régionales.
J’en parlais avec un ami il y a quelques jours. Celui ci me répondait qu’on ferait mieux de promouvoir l’apprentissage de l’anglais ou du chinois dans les écoles. « Parce que les Chinois vont nous bouffer » disait il.
C’est une façon de voir les choses que je peux comprendre mais qui va totalement à l’encontre de ce que je pense être une langue et de ce que je pense être l’école, primaire plus particulièrement.
L’école a t elle vocation à préparer nos bouts de chou à être des citoyens ou des travailleurs ?
Pour moi, la réponse est claire. L’école est un tronc qui doit puiser dans ses racines pour « former », sensibiliser de futurs citoyens. Au fil du temps, on va choisir des branches, plus ou moins grandes, d’abord au collège, puis au lycée pour finir par les études post bac qui, elles, peuvent avant tout nous destiner à un type de métier. L’école n’est donc pas destinée à former des travailleurs, ni le collège. La première transition intervenant au lycée selon les goûts et affinités des élèves.
Quant aux langues, elles ne se limitent pas, heureusement, à un usage commercial. Elles véhiculent une culture, une façon de penser, de raisonner, d’imaginer, dans leur forme, dans leur vocabulaire. Sans quoi, pourquoi ne pas, dans ce cas, décider de tous ne parler qu’anglais ? Français hier (le Français était une langue largement dominante culturellement et économiquement aux 17ème et 18ème siècle par exemple), anglais aujourd’hui, chinois demain ?
Quiconque s’intéresse un peu à l’apprentissage d’une langue réalise tout ce qui se véhicule derrière quand il doit traduire certains termes, certaines notions, certains concepts culturels qui n’existent pas dans sa propre langue. N’est il pas étonnant, par exemple, d’avoir le seul verbe aimer en français, qu’on va utiliser autant parce qu’on aime la tête de veau sauce gribiche, qu’un parent, qu’une amoureuse ? Comment le comparer au verbe querer espagnol qui signifie vouloir et aimer quelqu’un ? Comment le comparer aux like et love de l’anglais ? Sans parler des langues où il existe une multitude de nuances.
Une langue représente une façon de penser, une façon d’appréhender la vie, sa culture. Certaines cultures n’ont pas de mot pour dire merci, d’autres, notamment le japonais, ont un tas de variantes pour présenter des excuses.
C’est bien pour ça que les traducteurs automatiques sont si souvent à côté de la plaque.
Si cela est vrai pour les langues qui dominent le monde aujourd’hui, cela est vrai pour celles qui disparaissent petit à petit, faute de locuteurs.
Paradoxalement, la France qui fait tout pour défendre la francophonie et qui se drape si souvent dans son exception culturelle au plan international fait tout pour étouffer les langues régionales, et se fout allègrement de la législation européenne à ce niveau. Récemment, Sarkozy les associait au communautarisme…
Je suis pour la mixité, pour une certaine forme de mondialisation, pour le brassage culturel mais je ne souhaite pas une uniformisation du monde que, dans le fond, je trouverais lui bien triste.
Voilà pourquoi j’irai manifester aujourd’hui :)

Représentativité

On lance souvent à la figure des syndicats leur manque de représentativité alors qu’ils participent activement à la gestion paritaire d’organismes, sociaux pour la plupart.
Les politiques ne sont pas en reste, loin de là. Nicolas Sarkozy l’avait fait en son temps, Nicolas Perruchot, député Nouveau Centre, avait lui aussi voulu jeter le pavé dans la mare dans un rapport qui portait, entre autres, sur ce sujet ; rapport qui ne fut jamais publié.
Je ne sais pas si les « gens » sont de moins en moins syndiqués. C’était assez (voire très) mal vu dans les précédentes entreprises où j’ai travaillé (à l’inverse de celle où je suis aujourd’hui où les trois quart des gens que je côtoie le sont). Je n’ai jamais voulu le faire quand j’étais indépendant étant loin de la ligne des syndicats patronaux ou des syndicats professionnels. Et je ne suis probablement pas le seul. Je constate dans tous les cas qu’il n’est pas toujours facile, surtout dans le privé, de franchir le pas.
Par contre, quand on y regarde de plus près, c’est assez drôle d’entendre un politique critiquer cette carence de représentativité…
Il y a peu un élu de Rodez me disait en comité de quartier : « La démocratie participative, ça va cinq minutes… A un moment donné, il faut trancher, j’ai tranché. De toutes façons, je n’y crois pas. » (une autre élue, présente elle aussi, ajoutait « On n’est pas d’accord sur ce sujet« )
Ca a le mérite d’être clair.
Après tout, il n’a pas tort, le bougre : nous vivons dans une démocratie représentative où nos élus représentent sont sensés représenter le peuple, et ce à tous les niveaux.
Le hic c’est que la représentativité politique n’est guère mieux lotie que celle des syndicats, loin s’en faut…
Ce graphique indique, en se basant sur les 3 derniers scrutins nationaux, le score des différents partis, en valeur absolue sur la population en âge de voter. Et là, on tombe de haut…
L’UMP qui, je le rappelle, est le parti au pouvoir représente…8% de la population. En cherchant la petite bête (avec une once de mauvaise foi) on peut dire que 8% de la population gouverne pour le reste… Superbe représentativité n’est ce pas ?

Cela fait quelques années que je me disais qu’adhérer à un syndicat devrait être obligatoire  pour trois raisons : le fait qu’ils participent à la gestion d’organismes paritaires, qu’ils négocient au plan national avec les pouvoirs publics et pour représenter « en vrai » les salariés des TPE/PME.
De la même manière, farouche défenseur du vote blanc, je pense que la seule issue pour une démocratie plus apaisée et une classe politique plus responsable est le vote obligatoire à tous les scrutins comme cela se fait dans de nombreux pays.

Rassemblement

En fait, je me goure complet dans ce que je dis depuis 5 ans…
Un de mes grands reproches à Nicolas Sarkozy, au delà de tout ce qu’il a cassé, c’est la manière qu’il a eu de diviser les Français en stigmatisant les uns ou les autres…
Privé contre public, laïcs contre croyants, actifs contre chômeurs, pauvres contre moins pauvres (la richesse est si relative), vieux contre jeunes, etc.
Quand on est élu par un parti dont le U signifie « Union », ça fait doucement rire, quand on prône le rassemblement, ça fait pleurer.
Mais quand on y regarde de plus près, il est parvenu à rassembler, dans le fond, une bonne partie des Français… contre lui.
C’est une première étape.

Blasé

En 2007, je savais certaines choses. Je savais que Sarkozy serait celui qui me ferait probablement descendre dans la rue. Il y est parvenu.
Retraites, réforme des collectivités territoriales, justice, carte scolaire… j’aurais régulièrement manifesté.
Je me serais souvent indigné aussi.
Et, si mon engagement n’est plus lié à aucun parti, je reste engagé à ma manière.
Aujourd’hui, le discours d’une partie de la droite est de camper Sarkozy et sa majorité en victimes qui se font taper dessus pour un rien depuis le début de son quinquennat. Parfois, je me dis que c’est peut être vrai.
Mais dans le même temps, je réalise quand même qu’on se fout bien de notre gueule et qu’on en est arrivé à un stade où plus rien ne m’étonne et où je suis presque blasé de tout ce que je peux voir ou entendre.
Comment ne pas s’insurger qu’on utilise la flotte « officielle » pour rapatrier le fils Sarkozy d’Ukraine parce qu’il a chopé une bonne chia..e ?
Comment ne pas rire quand on entend Fillon que ce dont il est le plus fier, durant le quinquennat, est la réforme du dialogue social ?
Comment ne pas vomir devant tous les propos de Guéant ?
Comment ne pas s’esclaffer devant tous les mensonges, toutes les contre-vérités et l’attitude de Sarkozy lui même ?

Mais voilà, au bout de cinq ans, on s’habitue un peu et on se dit que rien n’y fait devant une telle mauvaise foi. Alors on s’insurge toujours. En silence parfois. On ne comprend pas ceux qui continuent à le suivre, à le soutenir contre vents et marées. On regrette l’absence de vrais journalistes qui le secoueraient un peu. On regarde ailleurs, on réalise que personne ne fait rêver, mais qu’on va tâcher de trouver une alternative quand même. Oui, je suis un peu blasé. C’est bien dommage…

Jean Boudou

L’autre jour, j’étais à Naucelle, avec un de mes collègues.
Nous sommes passés près de la place où se trouve la citation de Jean Boudou, déjà évoquée sur ce blog dans sa précédente version. Je l’adore…

Les choses sont comme tu crois qu’elles sont. Certains marchent sur la mer parce que pour eux la mer n’existe pas…

Je la lui montre, tout content et là, grand moment de solitude…
« Mais ça veut rien dire son truc… et pourquoi vous me parlez de Jean Amadou ? C’est Joan BO-DON, même pas BOUDOU… et c’est qui ce type ?« 

Je sais ce qu’il me reste à lui offrir… ou pas :)

Grmbl…

Un tweet, un simple parmi tant d’autres, m’agace…
« Vote utile: Sarko se prendra une veste en face de Hollande, alors que Bayrou a de bonne chance de gagner. Simple bon sens, non? »
On pourrait traduire par : si vous ne voulez plus de Sarko et ne voulez pas de Hollande, votez Bayrou. Si vous ne voulez pas de Bayrou, votez Hollande.
Une fois encore, c’est « ne votez pas pour ce que vous voulez mais faites barrage à ce que vous ne voulez pas« .
C’est un des aspects de notre démocratie qui me déprime.
J’aimerais tant voir des gens voter POUR une personne et/ou POUR un projet, surtout au premier tour.

Le monde sommeille par manque d’imprudence

C’est dans une chanson de Jacques Brel, et c’est un des problèmes de notre société, je pense.
J’ai l’impression qu’à tous les niveaux, tant individuels que collectifs, notre société souffre de la peur du danger et de son incapacité à prendre des risques sans qu’ils soient pesés au nanogramme.
De plus en plus de gens ou d’entreprises ont peur de la responsabilisation des uns et des autres. On le constate régulièrement, et de plus en plus souvent, dans les actions de justice, par exemple. On glisse sur une feuille de salade dans un supermarché, sur une frite chez Mc Donald et le responsable doit être l’entreprise. Hop, tribunal. Heureusement, les juges ne suivent pas toujours ces démarches. « C’est pas ma faute à moi » (Alizée 😉 ).
Que dire du gouvernement qui légifère à tour de bras sur des cas particuliers de récidive ? C’est le même principe. L’Etat protecteur doit amener le risque zéro aux citoyens.
Bien sur, tout ceci est issu de la peur. La peur de l’autre. La peur de souffrir, la peur de perdre quelque chose. On le trouve même dans les comportements amoureux ; je l’ai réalisé en constatant qu’autour de moi, de plus en plus d’ami(e)s célibataires renonçaient à la vie de couple ou même simplement à la vie amoureuse par peur de la fin de la relation, dans une forme d’anticipation systématiquement négative voire morbide. Du reste, on trouve cette peur du risque autant dans l’engagement d’une relation, que dans toute autre forme d’engagement. Je me souviens, quand je me suis engagé politiquement, des nombreuses questions des uns ou des autres : « Mais avec ton métier…« , « que vont penser les gens ?« , etc.
Ceci donne de beaux jours aux assureurs (pas pour la vie amoureuse, mais peut être qu’on y viendra un jour  😉 ) dont je fais partie et je me souviens d’une étude publiée dans l’Agefi (un journal professionnel) qui annonçaient la croissance permanente des garanties qui seraient souscrites.
Le moindre risque doit être écarté ou assuré. Ouvrons les parapluies.
Sachant qu’en parallèle les priorités individuelles évoluent, et que le superflu devient parfois essentiel, nous aboutissons à des situations ubuesques.
Or, le risque, voire le danger, sont des éléments qui sont partie intégrante de la vie dès lors qu’on sort du corps de sa mère, de la première respiration à la dernière.

Je suis persuadé, au plus profond de moi, que le risque est justement essentiel à la vie et qu’il en constitue le piment. Et là encore, de l’individu à la collectivité.
A trop vouloir vivre dans une sorte de cocon ouaté et plein de sécurité, on se sclérose et on en oublie ses rêves qui nécessiteront toujours de risquer quelque chose pour les atteindre.

Grmbl…

Choisir, c’est renoncer.
Et je n’aime pas renoncer… j’ai d’ailleurs toujours du mal à choisir :)
L’inactivité n’est pas trop mon truc et j’avais profité de mes mois « d’oisiveté » pour aider des amis et mener différents projets qui me tenaient plus ou moins à coeur.
Parmi ceux ci, 365 raisons d’aimer l’Aveyron… Le site a eu un joli succès à son lancement (dont la une de la presse locale…) et, sans le savoir, j’anticipais sur le nouveau site de l’office de tourisme départemental qui avait des points communs.
Un problème administratif, alors que j’étais en train de terminer ma formation, a entrainé la fermeture provisoire du site et, plus grave, son effacement.
Heureusement, je fais des sauvegardes régulières et automatiques.
Mais là… pas de bol. La plupart des sauvegardes sont corrompues et inexploitables hormis celle de mi-juillet. Ce qui signifie qu’une partie du boulot des participants est perdue corps et biens.
Le site se trouvant hors ligne depuis plus d’un mois, et ayant décidé de privilégier d’autres choix de vie, je fais ce que je déteste faire… je laisse tomber.
J’aime pas ça et, pire, je culpabilise alors que bon… tout le monde s’en fout.