Ce tweet posté ce matin sur le compte officiel de Nicolas Sarkozy m’a renvoyé au débat d’hier soir et à une remarque que me faisait Celle qui le regardait avec Châtaigne et moi.
« On dirait un petit garçon qui explique que rien n’est de sa faute » (entre autres).
Comme beaucoup d’entre nous, Nicolas Sarkozy a, semble-t-il, pas mal de choses à régler avec son enfance et devrait adopter le divan plutôt que le trône fauteuil présidentiel. C’était notable durant le quinquennat et très visible hier dans l’agressivité verbale dont il a fait preuve (comme me dit un ami « l’agressivité est l’arme du faible« ).
Comme prévu, ce matin, les électeurs de droite l’ont trouvé très bon, ceux de gauche on trouvé François Hollande meilleur. Se pose la question des indécis.
Mon avis manque peut être d’objectivité, tellement Sarkozy me sort par les yeux (le personnage, ses idées, ses méthodes), mais j’ai été bluffé par Hollande.
Il est souvent décrit comme mou, trop friand de bons mots, ou évasif.
Ce ne fut pas le cas et on a assisté à un vrai combat.
Par dessus tout, le rassemblement du « Peuple de France » de NS me fait gerber. Celui-ci n’a eu de cesse de diviser les citoyens depuis le début de son quinquennat en stigmatisant les uns et les autres : agriculteurs/écolos, laïcs/croyants, musulmans/tout le monde, chômeurs/travailleurs, public/privé, etc.
De la même manière, il annonçait blanc aux uns le lundi et noir aux autres le mardi, pour dire aux gens ce qu’ils avaient envie d’entendre.
Comment prétendre au rassemblement après ça ? Et, pire, comment le croire ? Comme le péquin moyen peut entendre et croire ce genre de discours ?
Le sortant a été bien souvent plus qu’approximatif et quand il ne l’était pas, quand il était précis, c’était pour affirmer, trop souvent, des choses qui sont fausses… mais il le fait avec une telle conviction et une telle force de persuasion que, pour peu qu’on ne cherche pas plus loin, on peut y croire. Et là, c’est bien dommage qu’il faille attendre le débriefing (à moins d’être sur Internet en même temps) pour savoir ce qui est vrai ou faux. Dans le fond, s’il n’est pas réélu, je veux bien l’embaucher comme commercial. Je suis sur qu’il ferait un carton. Mais bon… en fait, non, je ne l’embaucherais pas.
François Hollande a, à mon sens, été bon. Il a su à la fois prendre une certaine hauteur, et donc une stature de présidentiable, tout en étant ferme (et non agressif comme j’ai pu l’entendre) avec son adversaire en ne laissant rien passer et en répondant à ses questions (avec de rares moments de flottement comme sur les centres de rétention, ce que j’ai trouvé dommage puisque la remarque de Sarko ne nécessitait qu’une réponse sur la grammaire : « les centres de rétention doivent être l’exception » ne signifie pas qu’on veut les supprimer…).
Ce ne fut pas le cas dans l’autre sens, Nicolas Sarkozy allant jusqu’à dire qu’il n’était pas là pour répondre aux questions de son adversaire mais exposer ses idées aux Français. Heuuu… Qui c’est y qui voulait 3 débats et cesser avec les monologues ???
Au final, plus que face à deux programmes, on est face à deux choix de société : une société encore plus libérale (et liberticide, quel paradoxe) dictée par l’absence des lois du marché, ou une société avec plus de partage et de solidarité. Des valeurs avant tout économiques d’un côté, des valeurs humaines de l’autre.
Mon choix était fait depuis le soir du premier tour.






