J'ai pu constater que nombre de militants étaient un peu réticents à tracter sur les marchés... Une sorte de trac, de peur d'avoir à débattre avec un opposant coriace, ou, tout simplement, de se voir refuser ses tracts.
Pourtant c'est une excellente manière de prendre le pouls d'une partie de la population qu'on ne connait pas (celle qui ne fait pas partie de ses cercles d'amis, de collègues, ou familiaux).
C'est aussi un très bon moyen de prouver qu'on existe, et les gens y sont sensibles (d'autant qu'en orange, on est vite repéré !).

Hier, pour la fête de l'Europe, nous n'étions pas loin d'une dizaine, en compagnie d'une de nos 2 candidates aux élections européennes : Emily TEYSSEDRE-JULLIAN.
Et l'accueil fut à 95% positif.
Bien sur, il y a toujours ceux qui refusent le tract avec des "Bayrou ? Ha non ! Pas lui !" , des grimaces diverses et variées ou, pire, en faisant semblant de ne pas vous voir.
Mais c'est la règle du jeu, tout comme il vous arrive d'envoyer paitre un téléprospecteur qui vous signale que vous avez gagné un tabouret à venir chercher dans un magasin de meubles.

Mais vous allez aussi rencontrer le jeune qui vient chercher le tract directement sur la table avec un petit sourire gêné et un "Je peux ? Ca m'intéresse...".
Il y a encore le curieux "Emily TEYSSEDRE ? Ce n'est pas cette jeune élue du Monastère ? Elle m'a l'air bien ! Je peux aller lui poser une question ?"
L'enthousiaste : "Bayrou ? Notre futur Président !"
La petite mamie inquiète "Vous savez, je suis née à Verdun... Mes grands parents ont été fusillés par les Allemands, mes parents faits prisonniers... J'ai beaucoup cru à l'Europe. Nous lier aux Allemands c'est garantir la paix. Mais on veut tout uniformiser, c'est dommage..." (j'ai bien tenté de lui expliquer qu'il n'y a pas que Libertas pour défendre le "fromage qui pue", mais elle avait surtout envie de parler un moment... Agée, un mari infirme, pas d'enfants...)
Ceux que je préfère, qui disent non de la tête en avançant d'un pas décidé puis en remarquant le logo font demi-tour en prenant un tract.
Le Sud-Africain qui tente d'expliquer qu'il n'est pas Européen.
Le copain qui fait son marché et est étonné de vous retrouver là dans une tenue pouvant, je confirme, provoquer la consternation.
Le journaliste qui ne travaille pas, tente de passer incognito, mais note que vous êtes là, en force.
Le sceptique : "Vous savez... Je ne comprend pas les positions de François Bayrou... Je suis un centriste, de droite, et bien sur Sarkozy [etc] Mais Bayrou [etc]... Bon... Je vais le prendre votre tract parce que bon... L'UMP, hein...[regard au ciel]"
Le socialiste désabusé : "Non... Je suis rose des pieds à la tête et en plus, vous avez l'autre  [insultes diverses et variées] sur votre liste alors non... Aucune chance que je vote pour vous."
Et le dernier de la matinée qui vient nous voir avec sa fille, ado : "C'est pour les Européennes ? En fait, j'aimerais me renseigner... On vote pour quoi ? Comment ça marche ?"
S'en est suivi une conversation d'une petite demie heure pour expliquer les institutions européennes que je n'ai pas suivie jusqu'au bout faute de temps.

Le bilan ? Probablement quelques personnes mieux renseignées, certaines qui iront voter, pour nous je l'espère, mais qui auront pris quelques minutes pour se renseigner.
C'est cool !