
Expérience
Je viens de trouver, et perdre, un lien sur le net qui évoque une expérience faite par des scientifiques il y a quelques années.
Vraie ou pas, l’histoire me plait.
Ils ont mis un certain nombre de singes dans un enclos. Il s’y trouvait aussi une échelle au sommet de laquelle il y avait des bananes. A chaque fois qu’un singe essayait d’y grimper, tous les singes étaient arrosés à l’eau froide.
A force, les singes ont compris qu’il ne fallait pas y grimper. Pire, lorsqu’un singe tentait de le faire, les autres l’en empêchaient.
Puis, petit à petit, on a désactivé le système d’eau froide et on a commencé à remplacer les singes, un par un.
Dès qu’un nouveau singe tentait de grimper à l’échelle, alors qu’il n’y avait plus d’eau aspergée, les autres l’en empêchaient.
Au terme de l’expérience, tous les singes avaient été échangés et aucun de ceux ayant connu la « punition » n’était plus présent.
Malgré tout, les singes continuaient à empêcher les nouveaux de monter à l’échelle par habitude, sans savoir pourquoi.
Je vous laisse méditer là dessus…
Flims sans cyclimse
BLACK SWAN
La semaine dernière, on m’a invité et j’ai pu assister, pour la première fois de ma vie, à un ballet. Il s’agissait du Lac des Cygnes, joué par une troupe ukrainienne. On m’aurait dit « toi, tu vas aller voir un ballet« , j’aurais probablement ri, même si je suis curieux de tout. On ne peut pas dire que la danse soit mon truc même si j’ai toujours trouvé fascinant cette capacité à exprimer des émotions avec le corps. C’est, dans le fond, presque indécent… après tout, c’est vrai que laisser son corps s’exprimer de la sorte est, en général, du ressort du domaine très intime.
Bref, j’ai vu ce ballet… et j’ai aimé. J’ai aimé la musique de Tchaïkowski, j’ai aimé les danses, avec un faible pour les chorégraphies de groupe.
Dans la foulée, j’ai fait le rapprochement avec Black Swan, sorti l’année dernière, que j’ai regardé.
C’est l’histoire d’une danseuse de troupe propulsée au rang de solo pour interpréter Odile et Odette, à savoir le cygne blanc et le cygne noir, les 2 facettes de l’histoire : Odette abusant le prince Siegfried qui se retrouve à laisser la malédiction d’Odile se poursuivre ayant trahi leur amour pur. Siegfried et Odile décident alors de mourir ensemble.
Si elle interprète idéalement l’innocence d’Odile, elle a des difficultés avec la noirceur d’Odette.
S’en suit une rivalité importante avec une autre danseuse de la troupe, avec sa mère qui la bride/brime, et une histoire ambiguë avec le directeur de la troupe.
Le film n’est pas un chef d’œuvre à mon sens. S’il est assez palpitant malgré tout, il permet, surtout, d’offrir une lecture différente de l’œuvre de Tchaikowski [attention spoiler, ne lisez pas la suite si vous souhaitez le regarder] en assimilant le fait qu’Odile et Odette ne sont qu’une, représentant les deux facettes d’une même personne : son côté lumineux et sa part d’ombre, sa pureté amoureuse, l’amour charnel.
Du coup, ayant vu le ballet quelques jours avant, j’ai apprécié le film qui demeure un bon thriller dans tous les cas.
COWBOYS ET ENVAHISSEURS :
Bon… bof…
Balancer des histoires d’extraterrestres au far west, au moyen âge ou à une autre époque n’a plus rien de très original.
Un type (Daniel Craig) se réveille au milieu du désert du Nouveau Mexique avec un étrange bracelet autour du poignet. Il ne se rappelle de rien mais sait se battre.
Au village voisin, il apprend qu’il est recherché pour vol d’or et assassinat.
Le shérif, un notable, et quelques autres lui tombent sur le paletot et là, je vous le donne en mille Emile, ils sont attaqués par des aliens.
Ils vont devenir amis pour aller faire la fête à ces foies jaunes qui n’ont rien à faire là, à leur piquer leur or.
En résumé un film correct mais sans grand intérêt…
DREAMHOUSE :
Rien à voir avec la maison de Barbie ![]()
Daniel Craig (encore) interprète un éditeur qui plaque tout pour vivre au plus près de sa femme et ses enfants dans une petite ville de banlieue. Il réalise que la maison qu’il vient d’acheter était occupée par un maniaque ayant assassiné toute sa famille.
Les voisins ont un comportement étrange avec lui et semblent l’assimiler au tueur.
A priori rien de nouveau, en tout cas dans le premier tiers du film. On pense à la maison hantée, au tueur qui revient sur ses pas, ce genre de choses jusqu’aux premières surprises.
La fin est un peu dommage mais c’est un bon thriller angoissant. Je recommande.
COMMENT SAVOIR :
J’ai, à tort, un faible pour les comédies sentimentales. Pourquoi « à tort » ? Parce que, malheureusement, cela ne ressemble pas à la vraie vie. On est bien trop compliqué pour ça…
Lisa est une joueuse de baseball qui doit mettre fin à sa carrière. Son chemin va croiser celui d’un sportif qui multiplie les conquêtes, ne semble pas prise de tête et souhaite entamer quelque chose avec elle, mais aussi celui d’un gars aux prises avec la justice parce qu’il a eu le malheur de diriger une entreprise appartenant à son propre père, adepte des malversations financières.
Quiproquos, chassés croisés, triangle amoureux qui finira… comme il doit finir, la belle devant en choisir un des deux (le plus cool bien sur).
Jack Nicholson y campe un rôle assez savoureux : celui du père, homme d’affaires véreux et père approximatif ![]()
Ouais, j’ai bien aimé.
LE JOUR OU JE L’AI RENCONTREE :
Une autre bleuette (oui, j’aime me faire du mal).
Au bahut, en terminale, un garçon qui ne fout rien, mais brillant, croise le chemin d’une jolie blonde.
Les deux sont, un peu, les atypiques du bahut, les caricatures d’ado : cultivés, intelligents, mais totalement en dehors du système.
Malgré les grosses ficelles, on se laisse prendre au jeu et on voit, en eux, une part de nous mêmes.
Ils vont s’aimer, ses désaimer, et…
Non, je ne raconterai pas la suite mais, film sentimental américain oblige, ça se finit bien.
Une jolie histoire si vous n’êtes pas allergique aux bons sentiments.
UN JOUR :
Encore une bleuette ? Oui… mais dans le registre un peu moins gai et neuneu que les deux précédentes.
Dernière année de fac. Elle ? Elle est amoureuse. Lui ? Il est coureur de jupons. Ils passent la nuit ensemble mais… rien ne se passe. S’en suit la pire des choses pour deux amoureux : la fameuse « friend zone ». Ils deviennent amis avec toute l’ambiguïté qui peut naitre de cette situation. On suit leur vie durant des années. Quand ils s’aiment, se détestent, leurs succès, leurs échecs, en se demandant sans arrêt quand ils se rendront à l’évidence et qu’il serait temps qu’ils entament leur vie amoureuse. Jusqu’au jour où…
Une bleuette oui, mais que je recommande des deux mains. Attention prévoyez les mouchoirs. Comme chante si bien Barbara, le temps perdu ne se rattrape plus…
Krishnamurti
Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade.
Superbe
J’aurais voulu être un artiste
Blasé
En 2007, je savais certaines choses. Je savais que Sarkozy serait celui qui me ferait probablement descendre dans la rue. Il y est parvenu.
Retraites, réforme des collectivités territoriales, justice, carte scolaire… j’aurais régulièrement manifesté.
Je me serais souvent indigné aussi.
Et, si mon engagement n’est plus lié à aucun parti, je reste engagé à ma manière.
Aujourd’hui, le discours d’une partie de la droite est de camper Sarkozy et sa majorité en victimes qui se font taper dessus pour un rien depuis le début de son quinquennat. Parfois, je me dis que c’est peut être vrai.
Mais dans le même temps, je réalise quand même qu’on se fout bien de notre gueule et qu’on en est arrivé à un stade où plus rien ne m’étonne et où je suis presque blasé de tout ce que je peux voir ou entendre.
Comment ne pas s’insurger qu’on utilise la flotte « officielle » pour rapatrier le fils Sarkozy d’Ukraine parce qu’il a chopé une bonne chia..e ?
Comment ne pas rire quand on entend Fillon que ce dont il est le plus fier, durant le quinquennat, est la réforme du dialogue social ?
Comment ne pas vomir devant tous les propos de Guéant ?
Comment ne pas s’esclaffer devant tous les mensonges, toutes les contre-vérités et l’attitude de Sarkozy lui même ?
Mais voilà, au bout de cinq ans, on s’habitue un peu et on se dit que rien n’y fait devant une telle mauvaise foi. Alors on s’insurge toujours. En silence parfois. On ne comprend pas ceux qui continuent à le suivre, à le soutenir contre vents et marées. On regrette l’absence de vrais journalistes qui le secoueraient un peu. On regarde ailleurs, on réalise que personne ne fait rêver, mais qu’on va tâcher de trouver une alternative quand même. Oui, je suis un peu blasé. C’est bien dommage…
Jean Boudou
L’autre jour, j’étais à Naucelle, avec un de mes collègues.
Nous sommes passés près de la place où se trouve la citation de Jean Boudou, déjà évoquée sur ce blog dans sa précédente version. Je l’adore…
Les choses sont comme tu crois qu’elles sont. Certains marchent sur la mer parce que pour eux la mer n’existe pas…
Je la lui montre, tout content et là, grand moment de solitude…
« Mais ça veut rien dire son truc… et pourquoi vous me parlez de Jean Amadou ? C’est Joan BO-DON, même pas BOUDOU… et c’est qui ce type ?«
Je sais ce qu’il me reste à lui offrir… ou pas
Idéal
La société est un mur. L’idéaliste, c’est celui qui cherche à y percer des fenêtres.
Vol 714
Vous vous souvenez de ce gag de Vol 714 pour Sydney ? Le capitaine Haddock se retrouve avec un morceau de sparadrap qui le suivra tout au long de l’histoire ou presque, dont il n’arrive pas à se décoller.
Quelqu’un qui, je pense, me connait bien me demandait encore, il y a quelques jours, si je voterai Bayrou aux prochaines élections présidentielles. Mais elle n’est pas la seule. J’ai beau claironner que non, cette étiquette Modem reste collée comme une trace indélébile.
Les choses peuvent évoluer d’ici avril, mais il y a un tas de raisons qui font que je ne voterai pas pour Bayrou.
D’abord j’ai pu côtoyer un peu l’homme, et j’ai été déçu. J’admire sa constance mais déplore ce qu’il a pu faire de son parti (de ses partis pourraient on dire). De deux choses l’une : soit il a coulé le Modem consciemment, ne sachant trop comme gérer cette flopée de militants idéalistes pour la plupart, et c’est dégueulasse, soit il l’a coulé par incompétence, comme Francesco Schettino, et c’est inquiétant.
Ensuite, si son projet n’est pas inintéressant, je le trouve peu ambitieux et pas assez « couillu », ni assez « social ».
Enfin, avec l’effondrement quasi certain de Sarkozy, on va assister aux retours des notables de droite molle ou modérée qu’il va accueillir les bras ouverts et auxquels il fera probablement des concessions qui ne me plairont pas. C’est vraiment secondaire, et c’est politiquement naturel qu’il accepte leur retour, mais bon… voilà quoi.
En fait, je voterai certainement sans enthousiasme parce qu’à ce jour personne ne me fait rêver, personne ne porte un projet qui ne soit pas essentiellement économique. Aucun candidat n’a de projet de société (« de civilisation », comme dirait Sarkozy…).




